Le présent article a pour objectif d’étudier l’impact d’une répartition inéquitable des infrastructures de transport sur les flux migratoires des individus entre les régions tunisiennes. Au sens large, il évoque la relation entre l’équité territoriale en matière d’infrastructures et l’équité sociale des politiques de transports. Une telle relation est proposée dans un contexte de transport durable. La problématique centrale de l’article tourne autour des effets du déséquilibre territorial en infrastructures de transport sur l’accessibilité aux marchés d’emploi, la disponibilité des réseaux de transport, l’attractivité des régions en matière d’investissements et leurs développements économiques. Un tel déséquilibre touche aux droits sociaux des individus dans les régions dépourvues de telles infrastructures tels que le droit de mobilité, d’éducation, de travail et d’intégration entre les populations. Pour ce faire, l’article propose une modélisation des flux migratoires interrégionaux en fonction de certaines variables déterminantes telles que les variables territoriales : infrastructures routières, maritimes et aériennes, nombre d’entreprises, taux de chômage régionaux, etc. Les estimations d’un modèle de gravité, essentiellement d’aspect géographique, ont montré que les investissements déséquilibrés en matière d’infrastructures de transport, essentiellement concentrées dans les zones côtières tunisiennes, au détriment des zones internes, sont à l’origine des échanges déséquilibrés des individus, orientés plutôt vers les territoires richement équipés en routes, ports et aéroports, plus accessibles et accueillant plus d’entreprises. En parallèle, les zones internes souffrent d’une migration importante des individus, des taux élevés de chômage et de pauvreté.
Notre contribution met en question les politiques de financement des infrastructures en Tunisie qui favorise des territoires dont les infrastructures de transport sont productives et ne tiennent pas compte des critères sociaux. En outre, il insiste sur le fait que la reconstruction territoriale implique l’intégration de la question de l’équité territoriale en matière d’infrastructures de transport dans la planification et l’aménagement de territoires et la planification des transports. Cela peut équilibrer les échanges des individus entre les régions tout en favorisant leur fixité géographique.
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