Construire l'équité territoriale de la Tunisie
paysage et aménagement du territoire, les dimensions cachées de la Révolution

Colloque interdisciplinaire

Tunis, 17-19 novembre 2011


Conférence d’André TORRE

« Du bon usage des conflits. L'importance de la prise de parole, entre silence et exigences démocratiques »

Le maintien des possibilités d'expression des populations et de la discussion entre différentes catégories ou groupes de personnes porteuses d'opinons ou de projets opposés se trouve au cœur de l'exigence démocratique comme des processus de gouvernance des sociétés et des économies contemporaines. On considère souvent que l'obtention d'une bonne gouvernance des territoires, en particulier entre les périodes de vote, doit passer par les processus de négociation et de concertation, et qu'il faut éviter les conflits, qui seraient nuisibles à la réussite des projets communs. Un examen plus attentif de diverses situations de conflictualité nous révèle que les conflits, quand ils sont non violent, sont un moyen d'expression des populations en désaccord avec certains projets ou encore qui demandent à participer à l'élaboration des scénarios futurs de développement. Ils constituent une prise de parole de ces populations, et représentent en fait l'autres versant des mécanismes de concertation et de négociation car ils permettent la discussion entre les parties opposées. Les conflits correspondent à un processus d'essais et d'erreurs, qui permet de tester certains projets, de les accepter, de les modifier ou éventuellement de les rejeter s'ils ne sont pas conformes aux désirs et volontés des populations. Concertation et conflits sont les deux versants d'un même processus de gouvernance des territoires, qui correspond aux exigences démocratiques.